Balbutiements

Je. monsieur. Pardon. [inspire]. vous ne vous rappelez peut-être pas. J’arrive comme ça, je vous accoste et vous ne savez pas. excusez moi. enfin si vous savez vous prenez seulement l’air de celui qui ne se rappelle pas. mais nous nous sommes vus voilà une demi-heure là bas. enfin je veux dire avant. enfin ici. là. si voilà. vous, je crois (?), vous vous rappelez, juste vous ne comprenez pas. je veux dire vous ne comprenez pas pourquoi. oui. ça. ça ne m’étonne pas. pardonnez moi. c’est à dire qu’il y a une demi heure donc, je voulais vous dire. la façon que vous avez eu de me toucher. non. de me regarder. était en parfait désaccord avec l’idée que je me fais de moi. voilà. je ne comprends pas c’est à dire que vous ne regardiez pas?

vous ne comprenez pas. mais non, c’est moi qui ne comprends pas. vous vouliez voir quelque chose. autre chose. je ne sais pas. une case en tout cas, oui c’est ça, un archétype de moi, alors qu’il n’y avait rien de tout ça, il y avait juste moi. et vous vous avez fait comme si ça ne suffisait pas. voilà, c’est ça que j’aurai voulu vous dire là bas. je veux dire avant, enfin là bas. au lieu de ça. rougir. comme ça là, toujours comme ça. comme si j’avais neuf ans, oui comme si j’étais encore une enfant. ou plutôt comme si j’étais celle que vous avez cru. non. voulu. que je …[respire]… j’ai répondu. bien malgré moi. monsieur, croyez moi. là bas, je veux dire avant, enfin là. à ce que vous vouliez. projetiez. de moi.

est-ce qu’on peut effacer?

est-ce qu’on peut recommencer?

je. je voudrais rejouer la scène avec vous. vous dire. combien vous, vous êtes un trou du cul. vous avec votre regard qui efface les gens. non. les remplace. oui. les pousse. pour mettre quelqu’un d’autre devant. comme ça. ça ne vous met pas trop en danger, ça, peu importe finalement, une personne d’effacée dix de vous même retrouvés.

Mais moi monsieur. moi. je j’existe encore derrière. je je suis toujours là. je ne veux pas qu’on m’efface moi. je vous laisse faire car je ne sais pas m’opposer à tout ça. ou plutôt.je crois toujours que les autres ont de bonnes raisons pour. vous savez. je ne parle pas comme vous moi. je ne sais pas effacer les autres avec mes mots. pourtant je j’aimerai effacer aussi tout ce que je n’aime pas alors je vous laisse faire me disant que peut être ça marche comme ça

vous voyez là, encore une fois, je vais m’en aller monsieur. m’effacer. mais c’est moi qui m’efface. vous saisissez? c’est mon choix. je vous laisse vous et vos projections de vous même. toute cette petite cour dont vous peuplez les autres, pour ne pas qu’ils vous atteignent.

au revoir monsieur, et surtout

ne prenez soin que de vous même

moi je resterai là.

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