Ecrit rapide d’atelier sur une consigne d’Amélie Charcosset , dans un univers développé avec Catherine et Julie. Pas davant. Pas d’après. Juste un jeu d’écriture. Du moins pour l’heure.

Elle s’assoit dans le canapé.

Elle s’assoit comme un chat s’assoit au coin d’un meuble, sans lâcher des yeux les deux intruses. regard en coin. souple. et immobile.

« La porte n’est pas loin »

« Je sais »

« On ne connait pas ces gens »

« Je sais »

Le chat en elle trahit sa méfiance du bout de la queue. Elle continue d’observer.

La Vieille -très vieille. Comment c’est possible d’être aussi vieille?- a l’air tout aussi à l’aise mais le cache avec l’assurance de celles qui ont déjà tout vu. D’ailleurs rien ne l’inquiète, non : tout l’agace.

« Je la sens pas celle là, y a un truc qui cloche avec elle »

« chut du calme, t’as le bout de la queue qui bouge et moi ça m’fait sauter du pied, arrête je te dis, tu m’fais trembler! »

l’autre, la Pâle, s’affaire, glisse dans la maison en familière. Ses yeux gris sont grands ouverts, elle connait l’endroit mais ne le sait pas non, c’est son corps qui sait, ce sont ses yeux qui savent, qui s’illuminent de reconnaitre un chemin anciennement parcouru maintes et maintes fois, et ses grands yeux gris prennent reflet d’or.

« mais quand tu regardes dans le fond il y a comme une tâche d’encre »

« j’ai vu. »

« elle est triste et elle pense que ça ne se voit pas. »

« en même temps elle est là. Personne ne vient là par plaisir. qui, dis-moi, viendrait ici par choix? »

« toi. toi tu es là par choix et moi je ne comprends toujours pas ce qu’on fait là. je n’aime pas –

le chat en elle a fait un bond et elle se retrouve perchée sur l’accoudoir, se retient de feuler sur la Vieille là, son regard à deux centimètres, la Vieille qui a profité qu’on regardait l’autre pour venir se coller. observer. fixer.

Ca crache, ça feule, ça s’hérisse à l’intérieur, d’ailleurs elle sent ses bras qui chaire de poule. souffle. respire. coeur tu chamades. dis un truc.

– Quel âge avez vous?

« MAIS ON S’EN FOUT !!! »

Elle plante ses ongles dans le dossier pour ne pas céder à la fuite et la Vieille sourit, sourit en carnassière, sourit lentement, sourit comme quelqu’un qui a définitivement tout son temps, lève un doigt, et ce doigt avance, avance et ses yeux ne savent plus se détacher ni du regard ni du doigt qui avance, avance encore et se plante en plein centre de son front.

– Calme toi petite chose. toi et moi on n’est pas si différentes.

(to be continued.)

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